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Quel système éducatif pour l'Afrique?


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A partir de la classe de seconde, j’ai commencé à me poser de réelles questions sur les buts de l’éducation. Pourquoi allons-nous à l’école : primaire, collège, lycée, puis après Université ? Pourquoi est-il obligatoire d’apprendre les mathématiques, l’anglais, la biologie, la chimie… ?
La réponse la plus simple est que nous sommes amenés tout au long de ces études à mieux comprendre comment fonctionnent les humains, les conséquences de leur interaction, ce qui constitue la vie, les forces qui gouvernent le monde, la société et son organisation, les animaux… bref notre éducation est censée nous permettre de mieux cerner notre vie et donc de mieux nous outiller à affronter les difficultés, à connaître nos devoirs envers les autres, à renforcer notre caractère et à nous donner une plus grande clairvoyance générale.

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« Le but de l'éducation devrait consister à acquérir de l'habileté, rechercher la sagesse, réaliser son individualité et atteindre les valeurs spirituelles… » URIANTIA.
A partir de la classe de seconde, j’ai commencé à me poser de réelles questions sur les buts de l’éducation. Pourquoi allons-nous à l’école : primaire, collège, lycée, puis après Université ? Pourquoi est-il obligatoire d’apprendre les mathématiques, l’anglais, la biologie, la chimie… ?
La réponse la plus simple est que nous sommes amenés tout au long de ces études à mieux comprendre comment fonctionnent les humains, les conséquences de leur interaction, ce qui constitue la vie, les forces qui gouvernent le monde, la société et son organisation, les animaux… bref notre éducation est censée nous permettre de mieux cerner notre vie et donc de mieux nous outiller à affronter les difficultés, à connaître nos devoirs envers les autres, à renforcer notre caractère et à nous donner une plus grande clairvoyance générale.
De cette éducation devrait donc découler des citoyens modèles et par conséquent une société beaucoup plus intelligente. En effet, ce n’est pas la société qui nous crée, mais bien la société qui est à l’image des citoyens. Pourtant plus j’y réfléchissais, moins je voyais autour de moi des citoyens modèles et une société encore plus intelligente. Au contraire, on aurait dit que tout allait de mal en pire dans l’environnement dans lequel j’évoluais.
Tous les jeunes de ma génération ne rêvaient que d’une seule chose, partir à l’étranger après leur baccalauréat, et ils étaient fort encouragés par leurs parents qui les poussaient à étudier, être les meilleurs, avoir d’excellentes notes et partir. Et en réalité si on étudie le système éducatif qui prévaut dans la plupart des pays africains aujourd’hui nous formons des petits français, américains, chinois… à la chaîne et il est normal qu’ils aient tous envie de partir dans d’autres pays.
Le système éducatif a un autre rôle important, qui est celui de renforcer le sentiment d’appartenance à une nation, a une culture, à une société. Malheureusement dans les pays africains, tout au long du primaire, du collège, du lycée, non seulement l’éducation donnée tend à détruire la considération de nos valeurs africaines, mais nous oblige à adopter d’autres valeurs. C’est ainsi qu’au cours primaire on a inventé le « signal », fait de divers objets vilains et bruyants (dents d’animaux, crânes, des cailloux perforés, des coquilles d’escargots, du fer, du verre…), arboré par les enfants incapables de bien parler le français, une langue venue d’ailleurs. Cet objet était symbole de la honte à avoir de ne pas parler la langue d’un autre. C’est ainsi que, petit à petit, on voit de jeunes enfants commencer à détester leur langue maternelle, locale, et à parler fièrement, avec le soutien de leurs parents, des enseignants et du système éducatif tout entier, une langue étrangère, véhiculant des valeurs, des savoirs, des savoir-être, des savoir-vivre venus d’ailleurs et toujours pas adaptés aux réalités locales.
Après le primaire, c’est l’arrivée au collège où une littérature toute étrangère, une culture et des perceptions du monde venues d’ailleurs, sont ingurgitées de force par les jeunes, arrivés normalement à un âge où on doit leur apprendre à développer leur propre perception du monde. Pire encore, on commence à enseigner à ces jeunes à avoir peur de faire des erreurs. Une erreur est sanctionnée par de mauvaises notes voire des coups assenés par un enseignant mal payé qui ne comprend pas pourquoi des petits s’ennuient à son cours et refusent de bûcher des leçons auxquelles eux-mêmes ne voient pas toujours l’intérêt.
Puis vient le lycée où la grande couche éducative est appliquée. Non seulement on enseigne aux jeunes adultes que la seule chose que leurs ancêtres aient jamais faite est d’être le berceau de l’humanité, et que durant le reste du temps, ils se sont fait enchaînés comme des animaux, battus, violés, volés, déportés pour devenir des esclaves dans un pays étranger. Ensuite on leur enseigne que ces pays ont finalement les meilleures cultures, traditions, sociétés, économies, politiques, environnement de vie sur la planète et que de l’autre côté eux (les africains) ont une société désorganisée.
Il est étonnant de voir comment plusieurs africains, connaissent et récitent avec fierté, l’histoire de la France, des Etats-Unis d’Amérique, du Japon et en savent si peu de leur propre histoire.
Je m’étonne sincèrement du fait que cela surprenne nos gouvernants que tous les jeunes n’aient qu’une ambition : partir dans ces pays qu’on leur a décrits et ne revenir que pour repartir.
A l’université, c’est finalement la débandade. Les meilleurs et les plus riches sont envoyés à l’étranger et font de leur mieux pour ne plus revenir, les moyens rentrent dans des cursus qui leur permettront d’être dans des professions libérales et deviennent des égoïstes tandis que les plus faibles et les plus pauvres passent leur études supérieures dans des universités en faisant des formations théoriques qui ne leur serviront pas pour la plupart jusqu’à leur mort.
En résumé, les citoyens qui sont censés construire la nation sont frustrés parce qu’ils n’ont pas pu rejoindre les pays pour lesquels ils ont été formés, sont traités par d’autres frustrés qui n’en ont rien à cirer de la société dans laquelle ils sont et rêvent de ressembler à d’autres qui semblent vivre leur rêve, mais qui en réalité sont traités comme des citoyens de seconde zone dans les pays pour lesquels ils ont été réellement formés pour devenir citoyens.
En 2006, après mon baccalauréat, moi aussi je rêvais de partir pour l’étranger, loin de ce pays où il ne semblait avoir aucun espoir pour moi. Je rêvais de faire ma vie ailleurs, peu importe, du moment où ce n’était pas chez moi. Bien après, et à de nombreuses reprises dans ma vie d’adulte, j’ai eu envie de repartir. J’ai hérité finalement d’une bourse pour le Maroc et j’étais tout de même heureux. Dans les documents décrivant le Maroc, dans l’avion, le pays paraissait un eldorado. Puis je débarquai et je me rendis compte très rapidement que je n’étais pas chez moi.
Dès la semaine de notre arrivée au Maroc, plusieurs des nôtres se faisaient attaquer en pleine rue, devant des dizaines de personnes, qui étaient restées là sans réagir, tout ceci dans une société censée être en avance sur la mienne, sur le plan éducatif. C’était à n’y rien comprendre. Ce jour-là, n’eût été leur capacité à courir rapidement, nos deux camarades auraient été découpés en pleine rue dans une des plus grandes villes du monde. Comment était-ce possible ? Quelle éducation allait me donner ce pays ?
A la fin de mes études supérieures, je n’ai pas eu de regrets quand à peine une semaine après ma soutenance je prenais l’avion pour rentrer chez moi. Rien ne m’y attendait si ce n’était un pays où presque tout était à faire.
Je ne suis pas un afro-optimiste, le genre à croire que tout ira bien parce que je suis africain, non, mais je crois en tant il y a plus d’opportunités en Afrique que partout ailleurs et que tout n’est pas perdu, au contraire, nous sommes au début de notre histoire. Mais pour que les choses aillent dans le bon sens, nous devons revoir notre système éducatif, changer les choses, faire les choses différemment.

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Biobibliographie Urbain AMOUSSOU

Consultant pour l’IFDD en matière d’énergies renouvelables et partenaire projet d’entrepreneuriat des jeunes et femmes pour l’OIF, Urbain AMOUSSOU est Ingénieur en Biotechnologies Microbiennes entrepreneur et initiateur de plusieurs projets d’entreprise : Global Biotek (Biotechnologies appliquées), VTech (les innovations en énergie), AL-T (Transport et Logistique) et AGAU Editions dans l’édition papier et numérique.

Il est notamment l’auteur de : Trente ans et toujours entrepreneur, (AGAU Editions, 2018, Lomé-Togo), un livre qui aborde le parcours de l’entrepreneur dans un écosystème plus africain, ainsi que les différentes formes d’entrepreneuriat, les modèles de réussite et les processus de génération de richesse dans une approche startups innovantes.

Il a également publié en 2018, toujours chez AGAU Editions, le premier volet de Les Afropreneurs, qui aborde les différentes idées de projets pour jeunes entrepreneurs, la définition de l’entrepreneuriat allant au-delà d’une simple question de création d’emplois pour aborder le sens plus futuriste consistant en la génération de citoyens prenant en main l’évolution des sociétés africaines par des solutions co-construites et adaptées aux réalités locales.

Conférencier et formateur, il intervient régulièrement dans les milieux professionnels, grand public et universitaires, sur le plus souvent des sujets liées à l’entrepreneuriat des jeunes, les systèmes d’innovation dans l’environnement africain et les nouvelles techniques d’élaboration de projets d’entreprises.

Project Manager de l’incubateur CUBE depuis 2016, il a accompagné plusieurs projets innovants et plusieurs startups africaines dans la définition de leurs stratégies, la levée de fonds et l’implémentation de leur projet.

Sa vie d’écrivain a démarré officiellement en 2016, avec la publication d’un premier recueil de nouvelles (Belle comme la femme d’autrui) aux Editions AWOUDY au Togo, qui sera suivi d’un recueil de poèmes (Divagations poétiques) et d’un roman (La chambre à fétiches) en France. Il a également participé à l’écriture d’une anthologie internationale avec OSIWA au Sénégal (Soaring Africa). L’année 2019 s’annonce comme une année de consécration avec la préparation de plusieurs ouvrages aux sujets divers (entrepreneuriat, essais sur l’économie du développement, les systèmes politiques, des bio-poèmes, des nouvelles…)   

Contact: +228 90 53 51 21 (whatsapp)

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