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Le prix d'un enfant


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…Un conseil de famille fut convoqué et elle fut interrogée sur les différents contours de ce nouveau scénario. L’auteur n’était personne d’autre qu’un de ses cousins maternels. Ce ne fut pas un scandale car cette pratique faisait partie intégrante de Zandji. Après un conseil de sages, le comité décida de convoquer son mari auprès du grand chef et d’en finir avec leur relation qui devint une énigme non résolue…

Ce livre vient à point nommé mettre en lumière certaines réalités affectant les jeunes femmes de différentes contrées africaines. Il permet de faire prendre conscience à la jeunesse et lancer une réflexion sur la condition humaine en général.

Number of pages: 116

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Sans exagération, l’origine de toute société humaine vient du couple conjugal. Elle permet de définir les caractéristiques de la société globale d’appartenance. Que ce soit pour comprendre la place de la femme dans la hiérarchie sociale ou le rôle d’un enfant dans un couple ou encore le poids coercitif de l’environnement social sur les individus en société, l’on ne peut se passer de la cellule familiale. Un couple conjugal sans enfant, quel serait son impact sur sa société d’appartenance ? C’est dire que l’importance d’un enfant en rapport avec la ligne de vie de la femme est variable selon les types de société considérée. Qu’en est-il alors pour les sociétés africaines, particulièrement celle dont est issu le jeune écrivain ADOBOE Elom ? On ne saurait répondre à cette question dans toutes ses dimensions au risque de conditionner l’existence sociale à celle d’un enfant.
Un enfant reste un signe de virilité, un symbole de joie, de paix, de stabilité et d’affermissement du foyer. Il est aussi un sujet d’espoir, de richesse et d’union pour chaque couple. Quel couple africain ne caresse-t-il pas ce rêve d’avoir une progéniture qui constitue la sève
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qui vivifie sa famille et qui lui donne constance et rayonnement ?
Mais quand ce précieux « sésame » tarde à venir, quand la certitude d’être père ou mère cède la place à l’espérance et quand l’espérance se transforme en doute, alors le couple amorce la traversée du désert. Les familles s’interrogent. L’homme est interpellé, le doigt accusateur est pointé sur la femme. L’équilibre conjugal s’effrite. Le chagrin s’empare du coeur de la femme, l’homme est sous-pression sociale.
Dans un tel contexte, la femme se présente-t-elle toujours en victime résignée ? Développe-t-elle alors une certaine résilience face à l’adversité familiale et sociale ? Comment se conçoit la monoparentalité dans nos sociétés africaines ? Les mutations sociétales en Afrique sont questionnées et ébranlées.
Un coup d’essai, un coup de Maître ! ADOBOE surprend par sa plume. Il peint une réalité africaine vivante. Dans ce roman, se côtoient le social, le culturel, le psychique et le spirituel. Il se veut un récit de vie d’une femme mais qui, en réalité, retrace le parcours genré de la femme africaine dans sa société. Ce roman nous permet de pénétrer la société africaine pour la saisir dans ses diverses réalités.

Un combat solitaire

La fraîcheur émanant des arbres se mélangeait à la chaleur dans l’air ambiant. Le bruit du vent à travers la forêt s’accordait avec les chants d’oiseaux ainsi que le cri des animaux sauvages. Les sauterelles et les criquets contribuaient aussi à leur manière à cette ambiance. La verdure couvrait l’embouchure jusqu’aux confins des eaux marécageuses, qui hébergeaient crapauds, grenouilles ainsi que crocodiles sacrés. Sur ce fleuve paisible circulaient des pirogues qui servaient de moyens de transport pour les habitants.
Sous l’oeil vigilant des piroguiers, l’équipage composé de deux braves hommes, l’un en avant et l’autre en arrière, ramant tous deux au même rythme. Le rythme à un moment donné s’accélérait ainsi que la progression de la pirogue. Sur l’eau on voyait la tête des crocodiles ainsi que leurs grandes gueules, véritables traquenards pour les poissons.
Les passagers de cette pirogue bleue connaissaient bien l’histoire de ces fameux crocodiles dans ce fleuve bleu sombre. Avant l’installation des habitants de l’autre rive du fleuve, les chefs religieux étaient venus des quatre coins des rives ainsi que des contrées environnantes afin de sacrifier à ces dieux aquatiques des volailles et des mammifères. Mais depuis un moment, les bêtes se faisaient rares et les sacrifices avaient cessé. Depuis, les dieux des mares s’étaient transformés en de véritables tueurs à gages, dépeçant tout être vivant s’approchant du fleuve ou près de sa rive.
C’était ce chemin de la mort que les marchands de Vog devraient emprunter toutes les semaines pour vaquer à leurs activités.
Sous un soleil de plomb, se courbe une femme, la houe à la main, un pagne autour du rein chantant une épopée mélodieuse. Un groupe de personnes avec des piquets entre les mains semaient des grains de maïs sur les espaces défrichés la veille. Dans une chorégraphie presque réglée à la minute, la saison champêtre commença à Vog, un hameau perdu à l’ouest du pays. Le groupe s’activait avec beaucoup d’engagement et d’espoir. Cette petite troupe dans sa diversité en tâche et en besoin était coordonnée par une femme, Woessi. Oui, elle s’appelle Woessi. Woessi coordonne les activités.
Elle était la maestro de cette chaleur humaine qui se dégageait au fin fond de cette forêt peuplée des lianes et des arbres entrelacés. Dans une société patriarcale, elle revendiquait sans jamais le dire son autonomie en tant que femme, en tant que mère, en tant qu’épouse. À la fois grande commerçante et agricultrice, elle représentait un levier important dans sa communauté. Elle jouait des rôles : philanthrope, religieuse voire juge dans des conflits conjugaux.
Depuis que le fleuve qui était la voie principale des habitants devenait risqué et que la menace permanente des crocodiles et autres espèces dangereuses planaient sur les lits des rives, chaque paysan ou commerçante devrait désormais être accompagné lors de chaque traversée par quatre hommes vaillants : un chasseur, deux piroguiers et un marabout. Mais depuis la promulgation de cette nouvelle règle, Woessi ne l’avait observée que de rares fois.
Elle exerçait deux activités à la fois : l’agriculture et le commerce. Vu l’intensité de son travail, la traversée du fleuve restait incontournable. Woessi possédait aussi une pirogue. Elle savait aussi ramer, alors il lui arrivait plusieurs fois de ramer toute seule sur ce fleuve bleu sombre sur lequel le reflet de la mort planait parfois la nuit, parfois le jour. Ramer de nuit sur ce fleuve, dont le regard de
ses habitants était funeste, où l’odeur de la mort se sentait sous l’ombre des arbres qui le couvraient était quelque chose qui terrifiait.
Après plusieurs traversées, Woessi devint elle-même terrifiante pour les habitants de Vog. Car en réalité, chaque jour et parfois en plein midi, un chasseur vaillant tombait dans la gueule de ces monstres fluviaux en essayant de sauver la barque dont il était le gardien. Les habitants ne comprirent donc jamais comment une femme seule pouvait défier la « grande fâcheuse » ; ainsi que les crocodiles aux yeux rouges, montres de ce fleuve.
La gestion qu’elle fit de son commerce fut aussi étonnante que mystérieuse. Woessi payait les articles qui abondaient pendant une saison. Elle les emmagasinait et les revendait pendant la pénurie. Mais personne ne comprenait comment elle choisissait ses produits. Toutes ses concurrentes s’étaient essayées à cette technique mais elles manquaient de justesse et tombaient même parfois en faillite. En effet, lorsqu’elle choisissait un produit, il devenait véritablement cher comme si Woessi avait signé un pacte avec les saisons. Ceci n’était pas toujours le cas avec ses concurrentes. Au fil des années, elle finira par garder le monopole du commerce dans la région. Cette réputation lui valut le respect de toute sa maison et même pendant son absence, elle était omniprésente dans les gestions quotidiennes de sa maison.

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